Simone Brogi, l’entraîneur épicurien

L’entraîneur italien est installé en France depuis 2011, il a présenté son premier partant dans le Prix de Diane, le 11 juin dernier, avec Azaelia. Simone Brogi évoque sans détour son parcours professionnel, ses origines familiales, le tout avec son accent si chantant. courses epiques simone brogi

Originaire de Rome, Simone Brogi a grandi au milieu des chevaux. « Mon grand-père était l’un des meilleurs entraîneurs en Italie », rapporte-t-il. Alors qu’il passait tout son temps aux écuries familiales, Simone Brogi a d’abord suivi un an d’études vétérinaires « pour faire plaisir à ma mère ». « Je comprenais que je voulais faire ce métier, mais mon père connaissait les difficultés et avait peur pour mon avenir en Italie car la situation des courses italiennes commençait à décliner », rapporte le jeune entraîneur. Mais il se laisse transporter par les victoires familiales, et s’obstine à embrasser la même profession que les hommes de sa famille. « J’ai suivi mon père à Lyon. C’est grâce à lui que je suis arrivé en France. Au début, c’était difficile de s’adapter, et travailler avec son père ce n’est pas évident ! Je voulais faire mon chemin… », confie Simone. Il a alors en tête d’effectuer un stage d’un an chez un entraîneur français pour se former. À Chantilly il ne trouve aucune écurie, mais se tourne vers la province. « Ce que je voulais surtout, c’était m’intégrer dans le système français. Car en Italie, c’était facile, tout le monde me connaissait mais ici je devais commencer de 0 », raconte celui qui a aussi monté en CSO entre ses 12 et 20 ans.

Palois d’adoption

C’est à Pau, que l’Italien a trouvé sa « 2è famille ». « J’ai rencontré M.Rouget à Toulouse, alors que je sellais un cheval pour mon père. Je lui ai demandé si je pouvais venir travailler chez lui. Il s’est prêté au jeu, car je pense qu’il n’avait pas besoin de moi, mais former quelqu’un ce doit être amusant… », avance le jeune professionnel. Cinq ans plus tard, Simone Brogi reconnaît être « façonné Rouget ». « Je suis content d’avoir les bases du travail de Jean-Claude Rouget, et je n’ai aucune honte de copier l’un des meilleurs entraîneurs », avoue-t-il sans détour. Ce qu’il retient de son apprentissage auprès du premier entraîneur de France : « la gestion d’une entreprise, du personnel, les relations avec les propriétaires et le respect des 2 ans ». Alors qu’il ne devait rester qu’un an en France, Simone Brogi a désormais définitivement posé ses valises. Il s’est installé en mars 2015, sur le centre d’entraînement de Sers, « j’aurais pu continuer encore longtemps comme assistant-entraîneur, mais j’ai senti que c’était le moment. J’étais venu en France pour être entraîneur, il fallait se lancer ». Il a commencé avec 19 chevaux, il y a plus d’un an et en compte 42 aujourd’hui. Pour sa première année, Simone Brogi a glané 18 victoires, et en a remporté déjà 20 cette année.

Un appétit d’Italien

À ses détracteurs, ceux qui peuvent dire que c’est plus facile d’être lancé par Jean-Claude Rouget, Simone ne s’en préoccupe pas. « Je ne suis pas du genre à me faire des problèmes. Je souhaite juste ne pas décevoir ceux qui me font confiance. C’est certains que je n’aurais pas eu les moyens de m’installer si rapidement, ni de connaître cette évolution si importante, si je n’avais pas travaillé 4 ans aux côtés de Jean-Claude Rouget », reconnaît-il avec beaucoup de franchise. Soucieux de toujours comprendre et apprendre, Simone a pour objectif de carrière de faire partie des meilleurs de sa profession. En attendant, lorsque le temps le lui permet, Simone apprécie cuisiner pour ses amis et partager des moments autour de bons produits. En épicurien, le jeune entraîneur a faim de victoires.

Marion Dubois


 La méthode Brogi

Même si Simone Brogi avoue ne pas « avoir honte de copier la méthode de Jean-Claude Rouget », il a également fondé son expérience auprès de son père, et de l’entraîneur anglais, John Gosden, pendant six mois. Le jeune entraîneur révèle à propos de sa méthode : « Je préfère façonner mes 2 ans, pour la 2è partie de saison, car je n’aime pas les forcer dans leur apprentissage. C’est contre-nature. ». Concernant les débuts en compétition, Simone Brogi est clair : « La 1ère course n’est rien d’autre que la finition du matin. J’aime que les chevaux progressent à la suite de leur première sortie. Cela ne doit pas être le contraire ».


 

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