Alexandra Bouvier, cavalière d’entraînement : « Je connais Ambroise par cœur »

Alexandra Bouvier emmène toujours Ambroise aux courses. (Photo Martine Chemardin)

Alexandra Bouvier emmène toujours Ambroise aux courses. (Photo Martine Chemardin)

Dès en rentrant dans son box, elle sait si Ambroise est en forme ou non. Sa cavalière d’entraînement depuis plus d’un an la monte tous les matins. La seule fois où elle l’a confie à quelqu’un d’autre, c’est en course. Dimanche, elle la regardera des tribunes alors qu’Ambroise s’élancera dans le prix Alain du Breil, la course de haies d’été des 4 ans (groupe I).

« J’ai eu un coup de foudre pour cette jument. Cela peut paraître bête, mais c’est comme ça », avoue Alexandra Bouvier, 22 ans, passionnée par son métier. Ambroise lui donne le sourire tous les matins depuis plus d’un an. « Au début, c’était Kévin Guignon qui la montait à l’entraînement, puis il s’est accidenté. Mon patron Guy Cherel m’a alors mis Ambroise à ma liste », raconte la cavalière d’entraînement qui a un faible pour les chevaux gris. Rien ne prédestinait Alexandra originaire d’Ille-et-Vilaine à côtoyer les courses. Mais la passion des chevaux l’a gagnée et elle est entrée au Moulin à Vent à 15 ans. Apprentie chez Alain Lyon, elle va monter une dizaine de courses en plat. « Mais à la longue, j’ai trouvé cette discipline trop monotone », avoue la cavalière. Il y a deux ans, elle est entrée au service de Guy Cherel pour découvrir l’obstacle. Verdict ? « J’adore ! Je me plais vraiment dans cette écurie ». Mais ce qu’Alexandra aime par dessus-tout, c’est monter des chevaux “compliqués“. « J’ai l’impression de beaucoup plus apprendre avec eux car il faut sans cesse chercher à les comprendre… ». C’était un peu cela avec Ambroise, au début. Maintenant, elles ne se quittent plus.

Dans l’intimité d’Ambroise

À la fraîche, lorsqu’Alexandra ouvre la porte de son box, elle sait tout de suite si Ambroise est dans un bon jour, ou non. « Je la connais pas cœur. Si elle est en chaleur, elle est “mollassone“ sinon elle est très joueuse », confie-t-elle. Lorsqu’elle la brosse avant de la seller, Ambroise n’hésite pas à jouer sa madame. « Elle a des petites manies c’est un sketch à voir ». Pourtant, une fois sortie du box, la femelle de 4 ans se comporte comme un mâle. « Elle a du caractère, du mordant. Elle sait ce qu’elle veut pourtant elle est très respectueuse de ce qu’on lui demande de réaliser », fait savoir Alexandra. Du sérieux, la jument n’en manque pas même si ce n’était pas gagné d’avance… « Au début, elle était un peu compliquée, très tendue. Elle avait beaucoup de mal à se décontracter et j’avais parfois des difficultés à la tenir à l’entraînement », reconnaît la cavalière. Mais au fur et à mesure sa monture a pris confiance en la jeune femme qui se montrait à la fois délicate mais juste avec elle. Sur ses dix participations en course, Cyrille Gombeau a monté Ambroise neuf fois. « D’ailleurs, il m’a dit qu’elle était devenue facile à monter », relate Alexandra un brin flattée.

 « C’est ce qui me fait peur »

Mais dimanche, comme Cyrille Gombeau a mis un terme à sa carrière, Ambroise n’aura plus son jockey habituel « qui la connaît par cœur ». Au grand dam de sa cavalière d’entraînement : « C’est ce qui me fait un peu peur », murmure-t-elle. Sinon, tous les feux sont au vert. « Je sais qu’elle est en forme et en mesure de s’imposer dimanche ». Lors de sa dernière sortie, Ambroise terminait deuxième battue par Roll on has, le 18 mai. « Elle n’apprécie pas forcément la chaleur, ni le terrain qui devait être trop léger pour elle », explique la jeune femme.

Dimanche, le temps de la course, l’ancienne élève du Moulin à Vent devra confier sa partenaire au jockey. « Je suis toujours stressée à ce moment là. Ce sont des minutes difficiles à passer ». Mais pour cela, elle a ses habitudes. « Je me mets toujours au milieu du rond, pour voir intégralement la course sur le grand écran et partager ce moment avec mes collègues qui me rejoignent». Remporter la Course de haies d’été, un groupe I, serait la plus belle récompense pour Alexandra. « On se donne du mal pour les faire progresser le matin, cela me ferait plaisir si elle gagnait ! », confie-t-elle. Que souhaiter de plus à Ambroise ? « Quelle gagne dimanche puis qu’elle parte au haras pour avoir pleins de bébés … !» conclut Alexandra Bouvier.

Marion Dubois

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