Amiral Sacha, la bonne étoile de Chantalle Mottier 

Amiral Sacha

Chantalle Mottier est l’éleveuse d’Amiral Sacha qui va jouer sa qualification pour le prix d’Amérique, lors du prix de Belgique ce dimanche. Amiral Sacha porte haut les espoirs de l’éleveuse mais s’est déjà révélé comme une belle récompense du travail effectué seule, ces dernières années.

Amiral Sacha est le fruit du travail et de la persévérance de Chantalle Mottier. Si tous les matins, l’éleveuse se lève aux aurores pour entretenir ses 10 poulinières et son haras, elle puise dans la belle réussite d’Amiral Sacha « une aide morale ». « Il est béni du ciel ce cheval, c’est tellement une satisfaction d’avoir un cheval comme lui, issu de son élevage, cela donne de la résonnance au suffixe SACHA, contraction des premières syllabes des prénoms de mes enfants Sabine et Charley ». Pour bien comprendre l’histoire d’Amiral Sacha, il faut dérouler le fil de la vie de son éleveuse.

Conserver le haras

Originaire de Gorron en Mayenne, le couple Mottier s’est d’abord installé à Grosbois. Mais en 1993, il achète une propriété à Lassay-les-Châteaux. « Nous avons construit le haras en parallèle de Grosbois en commençant par la maison, puis les paddocks, la piste… », se remémore Chantalle Mottier. En 2005, l’éleveuse doit faire face au décès de son mari et a dû gérer seule le haras. « Au début, les chevaux ont été placés à l’entraînement chez des collègues aux alentours, mais je ne pouvais pas m’occuper seule de l’entraînement ». La Mayennaise a réussi avec courage à conserver son haras, en louant une partie pour l’entraînement et en conservant uniquement l’élevage.

S’occuper l’esprit

Afin de lutter contre la solitude, c’est avec motivation que Chantalle a décidé de venir travailler tous les week-ends à la cafétéria des professionnels, à Vincennes. « J’avais besoin de contacts dans le milieu des courses. J’avais besoin de m’occuper l’esprit, de me reconstruire. Je voyais du monde, je travaillais beaucoup mais cela m’a aidé d’être portée par le métier », explique-t-elle sans détour. C’est justement alors qu’elle servait à la cafétéria qu’elle apprend qu’André Battal a une part de l’étalon Ganymède. « Je voulais emmener mes juments à cet étalon, mais je n’avais pas le budget », avoue-t-elle. Chantalle Mottier décide alors de proposer le choix entre deux poulinières à André Battal, et il a opté pour Nostalgique Sacha. Cette dernière n’a pas connu une grande carrière en course « mon mari l’a exploité un peu mais sa carrière de course est tombée en plein pendant le décès de mon mari, je ne pouvais pas continuer à l’exploiter seule, du coup elle a rejoint l’élevage ». Amiral Sacha est son deuxième poulain né en 2010. « Vient ensuite une femelle que j’ai gardée comme mère, ensuite Daytona Sacha, qui est à l’entraînement chez Christophe Martens », détaille l’éleveuse.

Un poulain ordinaire

Poulain, le mâle ne laissait pas montrer qu’il serait différent des autres. « Rien ne pouvait prédire qu’il serait aussi bon, car il y en avait d’autres plus beaux que lui mais finalement qui n’étaient pas si doués à l’entraînement », avoue Chantalle Mottier. « Lui il était très gentil avec moi », se rappelle-t-elle. Jusqu’en avril 2011, Amiral Sacha grandissait à Lassay-les-Châteaux. Mais comme convenu avec l’éleveuse, André Battal a récupéré son poulain vers ses 18 mois. « Je n’ai aucun regret, ni aucune frustration de ne pas être sa propriétaire. Si Charley avait été plus grand, cela aurait été différent. Mais à l’époque, il fallait que je me batte pour garder le haras. Je suis aujourd’hui ravie de la réussite d’Amiral pour André, qui s’est aussi beaucoup investi dans le milieu, ce ne sont que des satisfactions ».

« Il faut le vivre pour le croire »

Amiral Sacha vient donc apporter du réconfort à son entourage après des temps difficiles. « C’est ma récompense pour le travail effectué après la perte de mon mari. Amiral donne de la valeur à notre élevage, nous sommes sur le bonne voie pour produire de bons courants de sang », reconnaît l’éleveuse. Après avoir perdu une pouliche par Séverino qui s’est tuée « sous mes yeux en tombant dans une auge en pierre », et avoir dû faire face à la perte de seize produits « des U et des V », à la suite d’une épidémie, Chantalle Mottier mérite de profiter d’une éclaircie. Depuis 2014, elle ne travaille plus à la cafétéria de Vincennes « car mes enfants sont grands et majeurs ». La Mayennaise continue de travailler dur pour maintenir son haras. « L’élevage c’est difficile, surtout quand on est seule. Il faut le vivre pour le croire. Quand on est deux, c’est du bonheur mais tout gérer seule demande de l’organisation et de la rigueur ».

La qualification d’Amiral dans le prix d’Amérique serait une belle récompense. « C’est une course avec de la pression ce prix de Belgique, mais sa 2è place dans le prix de Bourgogne m’a vraiment impressionnée. Je vais croire en sa bonne étoile », conclut-elle. Et nous aussi.

Marion Dubois

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *