Claude Le Lay affole les compteurs : 22 victoires avec 10 chevaux !

 

claude le lay

Installé au Lude, dans la Sarthe, Claude Le Lay possède une autorisation d’entraîner. Il enregistre cette année 22 victoires, 19 places avec seulement 10 chevaux en 66 sorties*. Rencontre avec un passionné qui effectue un travail d’horloger entouré de sa famille.

Claude Le Lay ne veut pas parler de réussite. Pourtant, plus d’un entraîneur public souhaiterait avoir un ratio aussi bon que le sien. « Il faut avant tout féliciter les chevaux qui sont de braves petites bêtes », précise le Sarthois. Ce dernier a néanmoins su trouver les bons engagements et préparer au mieux ses pensionnaires. « Certes, ils ont eu les bonnes courses mais le facteur chance était aussi là pour les aider ». Humble.

Cet ancien responsable commercial « pour une grande marque » est d’abord passionné d’élevage. « Je suis installé depuis 1980 comme éleveur. Ma première passion c’est d’abord l’élevage, puis j’ai entraîné mes produits car quand on n’a pas de bonnes origines, il est difficile de les placer chez les entraîneurs ».

Avant ses réunions, détour par Maisons-Laffitte

Claude Le Lay possède le statut «d’autorisation d’entraîner », ce qui lui permet d’entraîner les chevaux de son élevage ainsi que cinq (maximum) qui ne sont pas issus de son élevage. Ce statut est différent de permis d’entraîner qui limite à cinq chevaux maximum. À la vue de sa réussite, Claude Le Lay pourrait être tenté de devenir entraîneur public. « Plus maintenant. Peut-être qu’il y a 30 ans, si je n’avais pas eu mon métier de commercial, j’aurais peut-être sauté le pas. Mais je ne sais pas, si j’aurais trouvé des propriétaires aussi patients que moi… ».

Si Claude Le Lay a choisi une voie professionnelle dans le commerce plutôt que dans les courses hippiques, c’est sur les conseils de ses parents. « Mon frère avait eu un grave accident en course et ils ne préféraient pas que je suive cette voie. Mais la passion m’a rattrapé et quelques années plus tard, j’ai acheté ma première poulinière », se rappelle l’entraîneur. Claude Le Lay s’est formé à l’entraînement des chevaux en observant ses collègues. « Quand j’étais commercial, avant mes réunions en région parisienne, j’allais à Maisons-Laffitte pour observer les Pelat notamment. J’ai également eu des amis comme Gérard Raveneau, mais aussi mon frère qui était jockey, pour m’aider  », se remémore-t-il.

Victime de son succès

Aujourd’hui, ce sont les propriétaires qui l’appellent directement pour placer des chevaux chez lui. « Mais je ne peux pas accepter car j’ai mes chevaux et nous avons une organisation très familiale », fait savoir le Sarthois. C’est avec sa femme et sa fille, que l’entraîneur travaille. « Ma fille est cavalière, elle connaît actuellement des soucis de santé mais elle va revenir. Elle m’aide beaucoup et si je garde un attrait encore aujourd’hui pour l’élevage, c’est grâce à elle. Nous discutons souvent des croisements. Elle est passionnée tout comme ma femme qui m’aide depuis le début. »

Dans cette petite structure familiale les journées sont longues : « nous commençons à 6h pour terminer à 18h30 » Si, depuis sa retraite il y a 4 ans, Claude Le Lay consacre autant de temps à la préparation de ses chevaux, c’est justement parce qu’il les aime et les respecte. Quand, il parle de ses pensionnaires, c’est avec des noms affectueux. « Nous leur parlons chaque matin et connaissons leur caractère. Nous effectuons un travail d’horloger. Pour chaque cheval, nous adaptons sa ration et sommes à l’écoute de ses besoins », explique l’entraîneur. Patient avec ses chevaux, Claude Le Lay présente un cheval au départ avec la ferme intention de figurer. « Nous avons aussi eu la chance cette année de collaborer avec Stéphane Laurent qui s’adapte très bien à nos chevaux. Il sait qu’en partant, ils peuvent être mous mais qu’ils sont capables de partir de loin pour lancer leur action ». Et ils l’ont prouvé cette saison. Que peut-on souhaiter à Claude Le Lay en 2016, après une telle réussite en 2015? « La victoire de ma fille sur sa maladie, j’échange toutes mes victoires contre celle-ci. La revoir le pied à l’étrier en 2016 est mon vœu le plus cher… ».

*chiffres arrêtés le 3/12/2015

Marion Dubois

 

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