Claude Vidal, le jongleur du transport équin

Claude Vidal dans son bureau - (photo : Marion Dubois)

Claude Vidal dans son bureau – (photo : Marion Dubois)

Le dirigeant de la filiale STH de Pau est en charge de la logistique des transports de la plupart des chevaux qui partent de Pau vers les hippodromes français ou européens. C’était encore le cas, le week-end du 15 octobre pour Almanzor et Sign of Blessings, partis pour Ascot.

Dans son bureau de Pau, une carte routière tapisse le mur derrière lui, des tableaux blancs avec le nom des huit chauffeurs agrémentent celui d’en face. Pour le reste, Claude Vidal a tout dans la tête. Dès qu’un client ou un chauffeur l’appelle pour savoir, où et quand, il doit récupérer un cheval, il répond du tac au tac. « Tu montes à Saumur, tu prends celui-ci, tu files à Deauville, tu récupères celui-là et tu redescends, en t’arrêtant là… ». Claude Vidal est un jongleur. Il passe son temps à gérer la logistique des transports de 4 500 chevaux au départ de Pau, par an. Et pas n’importe lesquels. « Toutes les stars qui circulent, passent par ici : La Cressonnière, Almanzor, Sign of Blessings… ». Ces deux derniers ont voyagé sous la responsabilité de Claude Vidal pour se rendre à Ascot.

Des clients de renom

Comme la filiale de Pau de la STH gère « environ 80% des transports de Jean-Claude Rouget, ce sont les chauffeurs palois qui ont conduit Almanzor et le cheval de François Rohaut, Sign of Blessings en Angleterre. « Ils sont partis en camion de Deauville jusqu’à Calais, où le camion est monté dans le train (Eurotunnel Shuttle). Les chevaux restent dans le camion, et à l’arrivée en Angleterre, le camion quitte la gare et va vers l’hippodrome », détaille le transporteur. Un trajet courant pour l’entreprise qui va aussi en Italie ce week-end pour transporter un cheval de Mme Jean-François Bernard. Le but de Claude Vidal est le même depuis près de 30 ans : « que le cheval parte à l’heure, arrive sur place en forme, gagne et rentre bien dans son box ! ».

Une vocation

Transporter les chevaux, Claude Vidal en a fait son métier depuis 1987. L’ancien étudiant aux Beaux-Arts rêvait de devenir architecte mais il ne « s’est pas senti dans cette faune…», rapporte-t-il en plaisantant. En revanche, il montait déjà à cheval « en concours » précise-t-il. L’Ariégeois avait senti qu’il manquait une solution de transport pour déplacer les chevaux. Il a ainsi acheté un vieux van et a conduit sur des millions de kilomètres les chevaux. Depuis 2002, il n’est plus chauffeur. « Je n’ai plus le temps de conduire, je suis toujours au téléphone, il faut être disponible 7j/7, 24h/24 », reconnaît-il. En 2010, Claude Vidal est devenu le dirigeant de la filiale STH-Hipavia de Pau. Le transporteur doit gérer le parc de véhicules, le personnel et ses clients. « Il s’agit principalement de professionnels des courses, environ 45%, puis des éleveurs soit 35% et enfin les autres sont des trotteurs ou des professionnels du concours ». Les 5 poids-lourds peuvent transporter entre 6 et 14 chevaux et ses 4 masters conçus pour deux chevaux, effectuent 870 000 km cumulés, par an.

Un sacré casse-tête

L’évolution du centre d’entraînement de Pau et l’arrivée de nouveaux entraîneurs intensifient le travail de l’entreprise. Mais son pire casse-tête, c’est la multiplication des réunions et les horaires variables. « Lorsque vous avez des courses à Toulouse en semi-nocturne et le lendemain, il faut que les chauffeurs repartent à La Teste pour une réunion en matinale, cela demande de la logistique », avoue celui qui ne dort que 4 ou 5h par nuit. Claude Vidal est toujours « à fond », reconnaît, en riant, Corinne qui l’aide administrativement à l’agence paloise. Sa plus belle semaine de transporteur restera celle au mois de juin dernier. « On a transporté une pouliche de Diane et la semaine suivante le gagnant du Jockey-Club, c’est une belle satisfaction personnelle mais aussi pour les pilotes qui roulent d’aussi bons chevaux ». Même satisfaction, au retour d’Ascot avec le crack Almanzor…

Marion Dubois

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