Felix de Giles : Mais qui est-il ?

felix de giles

Avec un patronyme aussi francophone, vous serez peut-être surpris d’apprendre que Felix de Giles est Anglais ! Âgé de 26 ans, il a d’abord débuté sa carrière comme amateur avant de devenir professionnel. Il compte 230 victoires dans son pays et sa plus importante victoire a été remportée pendant le festival de Cheltenham. Il collabore avec Emmanuel Clayeux depuis 2014, mais cette saison, il pose définitivement ses valises en France et compte déjà 19 victoires.  

D’où tenez-vous votre passion pour les chevaux?

Par mon père qui était entraîneur et avait une petite écurie de course. J’ai grandi en montant les courses de poney et en participant à des concours hippiques. J’ai également participé à beaucoup de chasses à courre. Je suis originaire de Swindon, une petite ville près de Oxford.

Pouvez-vous nous expliquer le déroulement de votre carrière jusqu’à maintenant ?

En attendant de terminer mes études, je suis devenu jockey amateur à partir de mes 16 ans où je montais sur de petits hippodromes, « des point to point ». À 18 ans, je suis devenu professionnel et j’ai rejoint l’entraînement de Nicky Henderson, où j’ai remporté la majorité de mes victoires durant les 4 années passées à son service. Ensuite, j’ai rejoint l’écurie de Charlie Longsdon comme premier jockey pendant 2 ans avant de devenir free-lance ces deux dernières années.

Qu’est-ce qui vous plait dans les courses françaises ?

J’ai toujours été intéressé par les courses françaises. En 2014, j’avais conclu ma saison avec 30 gagnants. Comme les étés en Angleterre, il n’y a pas beaucoup de courses c’était l’opportunité idéale pour venir quelques mois afin de juger les perspectives qui pouvaient s’offrir à moi. Sur les conseils d’un ami, j’ai contacté Emmanuel Clayeux et rejoint son écurie rapidement. Nous avons de suite accroché. Il m’a rapidement donné ma chance et j’ai pu mener 7 chevaux au succès, avant de retourner en Angleterre pour l’hiver. Comme je m’entends très bien avec lui, je tenais à revenir monter pour lui cette année.
Que pensez-vous de la situation économique des courses françaises ?

La situation économique est beaucoup moins fragile en France qu’en Angleterre. L’absence de bookmakers permet de générer un financement en interne qui permet de le réinvestir dans la filière. Malheureusement en Angleterre, avec les bookmakers les modes de financement sont trop divisés et l’argent redistribué à la filière par ces acteurs privés est insuffisant. Cela ne rend pas des allocations justes aux propriétaires par rapport à ce qu’ils investissent. La conséquence a été lourde pour l’industrie hippique britannique : il y a eu moins de propriétaires et donc moins de chevaux.

Concernant le programme des courses et la façon d’entraîner, avez-vous également remarqué des différences ?

Oui, le programme des courses anglaises et complètement différent à cause de la majorité de courses “handicap“. Cela signifie que si un cheval termine deuxième, deux ou trois fois, cela devient très dur pour lui de gagner une course car sa valeur handicap est trop haute. Cela créé de véritables pressions sur les jockeys, les entraîneurs et les chevaux eux-mêmes parfois. La façon dont les chevaux sont entraînés est aussi très différente. Les entraîneurs anglais ont pour habitude de travailler en fractionné, en utilisant des pistes vallonnées, sur des distances allant de 700 à 1000 mètres. Je ne pense pas qu’il y ait une seule bonne façon d’entraîner, mais que chaque système à ses avantages et ses inconvénients.

Comment imaginez-vous le reste de votre carrière ?

Je vais rester de façon permanente en France, auprès d’Emmanuel Clayeux. Je suis en train d’étudier les possibilités pour aller en meeting à Pau, cet hiver avec ses chevaux. Jean-Paul Gallorini me fait également confiance et m’a donné d’excellentes chances et c’est quelque chose que j’aimerais conserver.

Quels sont vos prochains objectifs de carrière ?

Améliorer mon français ! Je me suis amélioré depuis mes débuts ici, mais cela ne veut pas dire que c’est facile ! Sinon, j’aime beaucoup monter en cross, et je souhaiterais gagner le Grand Cross de Pau. Et enfin, inutile de préciser que je souhaiterais remporter un maximum de courses et figurer dans le plus de groupes possible.

Propos recueillis par Marion Dubois

 

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