Jérôme Reynier, l’entraîneur ingénieur

 

Jérôme reynier

L’entraîneur de Calas réalise sa plus belle année, avec 34 succès en 2016, l’écurie de Jérôme Reynier connaît une évolution ascendante régulière, en toute discrétion. Un jeune entraîneur avec la tête sur les épaules, le cœur d’un éleveur et la raison d’un cartésien.

« C’est vrai que dans notre métier, nous sommes entourés de chiffres. En tant qu’entraîneur, nous travaillons beaucoup et essayons de tout optimiser : le nombre de chevaux, les flux financiers, les charges, le personnel. En tant que jeune entraîneur, je ne peux pas me permettre de faire des dépenses superflues », fait savoir Jérôme Reynier. Le ton est donné. Jérôme Reynier sait d’où il vient et où il va. « C’est mon père qui m’a transmis le virus des chevaux. En le voyant si passionné par les courses en tant qu’éleveur-propriétaire, j’ai opté pour un métier au contact des chevaux », explique l’entraîneur. Dès ses 18 ans, l’homme originaire de Marseille a monté son plan d’éducation dans la filière hippique. « J’ai d’abord travaillé au haras de Coolmore ; puis j’ai suivi une formation à l’Irish National Stud avant d’enchaîner deux ans autour du monde, avec le Darley Flying Start. Ces expériences m’ont permis de développer des contacts internationaux », confie Jérôme Reynier.

Revenu en France en 2008, le jeune homme pense déjà à s’installer. Mais France Galop juge son projet prématuré, d’autant plus qu’il n’a pas travaillé deux ans comme assistant d’un entraîneur. Il se lance dans le courtage pendant deux ans, « surtout pour des juments sortants de l’entraînement, destinées à l’élevage ». Grâce à son père, avant d’être entraîneur, Jérôme Reynier possède une âme d’éleveur, « cela me permet aujourd’hui de dialoguer avec les éleveurs avec lesquels je travaille pour bien gérer la carrière de leurs chevaux ». En septembre 2010, l’occasion de devenir entraîneur particulier de l’écurie Camacho Courses se présente et le formera ainsi à la préparation des chevaux à Calas jusqu’en novembre 2012. « En 2 ans, avec 12 chevaux, nous avons obtenu 38 victoires pour 800 000€ de gains », se félicite-t-il.

Pour son père

C’est justement dans le Sud-Est, à Calas, qu’il a décidé de s’installer comme entraîneur, début 2013. « Si je me suis lancé à fond dans ce métier, c’est pour mon père. Il m’a toujours aidé et conseillé. Il nous a quitté bien trop tôt et n’a pas eu le temps de suivre nos succès ». Et quels succès ! Avec une régularité d’un métronome, Jérôme Reynier et son équipe, composée notamment de Guillaume Millet et Edouard Lacaille ses jockeys, enregistre les victoires. Sa régularité, Jérôme Reynier l’explique simplement : « les meetings de Cagnes, de Vichy ou de Deauville ne sont pas des objectifs en soi. Certains préfèrent moins gagner pendant quelques mois pour préserver leurs chevaux en vue des meetings. Moi, non. J’essaie tout le temps de les courir à leur chance », révèle l’entraîneur. D’ailleurs, ce dernier est persuadé que s’il n’était pas installé à Calas, il n’aurait pas autant de victoires en 2016. « Des chevaux modestes ont trouvé des engagements à leur portée en province ». Jérôme Reynier avale les kilomètres, lui-même au volant de son camion « je suis aussi garçon de voyage », plaisante-t-il. « J’ai besoin de m’impliquer avec mes chevaux, d’être à leur contact », précise-t-il.

Une méthode bien huilée

Si le jeune entraîneur maîtrise déjà parfaitement tous les rouages de son entreprise, il est également très au clair sur sa méthode d’entraînement. « Je ne suis pas du genre à les débuter à 100%. Je préfère ne pas trop les forcer à l’entraînement, il n’empêche qu’il m’arrive de gagner avec des débutants aussi. J’aime que mes pensionnaires aient un parcours sage, pour ensuite pouvoir monter au fur et à mesure les échelons. En revanche, je n’hésite pas à les courir régulièrement mais toujours à bon escient», détaille le professionnel. Se lancer dans la filière hippique alors que les voyants sont au rouge ne semble pas inquiéter le jeune entraîneur. « Même si ce n’est pas facile, nous avons un beau système, si nous pouvions le conserver, ce serait bien. Je préfère être dans un esprit constructif que dans la critique. France Galop essaie de trouver des solutions et je sais que ce n’est pas facile. J’espère que celles avancées permettront de donner plus de partants et donc plus de recettes, sans que ce soit au détriment des petits propriétaires. Car s’il y a plus de partants, cela veut dire aussi moins de chance pour un propriétaire de voir son cheval figurer à l’arrivée », analyse Jérôme Reynier. Cette saison 2016 est au-delà de ses espérances et ses résultats sont sur la bonne voie pour atteindre son objectif annuel : « 50 victoires et 1 million de gains ». Ses 40 boxes affichent “complet“. « Pour l’anecdote, du 1er avril au 5 juin, l’écurie a remporté 11 courses, avec 11 chevaux de 3 ans différents, pour 11 propriétaires différents ». Si Jérôme Reynier n’avait pas été entraîneur, il aurait pu être statisticien ou ingénieur !

Marion Dubois

 

 

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