Jérôme Zuliani : « J’ai aussi envie d’entraîner des chevaux de plat »

jérôme zuliani

Le compteur est lancé. L’ancien jockey d’obstacles Jérôme Zuliani, installé comme entraîneur depuis novembre, vient de connaître les joies de la victoire sous cette nouvelle casquette.

Vous avez remporté votre première victoire le 4 juin dernier à Corlay. Qu’avez-vous ressenti ?
Ce n’est pas la même sensation qu’en tant que jockey mais c’était un soulagement. Je commençais à trouver le temps long… En tant que jockey j’avais mis trois ans avant de faire mon premier gagnant, en tant qu’entraîneur je ne sais pas si j’aurais été aussi patient !

Où êtes-vous installé ?
Je suis resté dans la Manche, près de Dragey à quelques kilomètres de la mer. Je loue une écurie. Je me suis installé au mois de novembre dernier. Durant tout l’hiver j’ai préparé des poulains. Je compte actuellement 6 chevaux et quelques jeunes chevaux. Je suis le seul à monter à cheval mais ma femme m’aide aussi beaucoup.

Devenir entraîneur était un objectif de longue date ?
Oui je voulais au moins essayer. Pour moi c’était une suite logique, après ma carrière de jockey. J’avais déjà pensé à passer ma licence durant l’hiver 2013-2014 mais j’ai préféré suivre Sulon en meeting, et j’ai bien fait d’attendre un peu, puisque j’ai remporté le Grand Cross de Pau.

Votre carrière de jockey vous manque-t-elle ?
Au début c’était dur… Cela m’a manqué mais cela prouve que j’étais attaché à ce que je faisais. Seulement avec mes difficultés à faire le poids, il fallait passer à autre chose. Mais aujourd’hui je suis moins lourd que lorsque je montais en course ! J’aurais bien aimé reprendre mais comme je travaille seul, je ne peux pas prendre de risques. Je suis passé à autre et ça me plaît tout autant.

Qu’est-ce que vous aimez dans le métier d’entraîneur ?
Rechercher les engagements, préparer un cheval pour un objectif et dresser les poulains.

Quelle est votre méthode de travail ?
Je me suis forcément inspiré de la méthode Quinton mais je ne peux pas faire pareil, j’ai moins de chevaux et je suis seul. Je fais beaucoup de travail de fond ensuite je les laisse faire. J’avise. Comme je n’ai pas d’autres cavaliers pour les travailler en botte à botte, mes partants ont sûrement besoin de débuter tranquillement avant de participer à l’arrivée. Ils ne sont pas affûtés dès en débutant.

Vous vous limiterez qu’aux chevaux d’obstacles ?
Non, je suis aussi attiré par l’entraînement des chevaux de plat. Même si j’ai moins d’expérience dans cette spécialité, j’ai envie d’apprendre. Je pense d’ailleurs que si ça m’attire c’est parce que je ne connais pas !

Comment vous êtes-vous formé à notre nouveau métier d’entraîneur?
Chaque hiver, Patrice Quinton me faisait confiance en me laissant gérer son effectif à Pau. D’ailleurs il me donne toujours des conseils. Le stage de 5 semaines pour obtenir sa licence d’entraîneur m’a également aidé. Les cours de comptabilité et de relationnel sont très intéressants. La communication n’a jamais été mon fort, il va falloir que je m’améliore !

Vous êtes désormais installé depuis plus de six mois. Quel est le premier bilan ?
J’espérais faire un peu plus de victoires mais c’est déjà bien. Je vais voir comment ça s’enchaîne. Je ne suis pas du genre à m’enflammer. Si ça marche, c’est que ça doit marcher, je travaille pour cela en tout cas.

Qu’est-ce que l’on peut vous souhaiter ?
Que mon entreprise tourne. Des poulains me donnent de l’espoir pour l’automne. Je souhaiterais remporter une course PMU d’ici à la fin de l’année. Et ensuite, je suis persuadé que la réussite vient avec la réussite.

Propos recueillis par Marion Dubois

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