Jo Audon : « Je suis capable de gagner des courses de groupe »

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Jo Audon a remporté son premier groupe, dimanche dernier dans le prix Robert de Clermont-Tonnerre, un groupe III, avec Monsamou. C’est l’occasion d’apprendre à connaître davantage ce jockey discret.

Vous avez laissé éclater votre joie au passage du poteau. Que représente cette victoire pour vous ?

D’abord, c’est mon premier groupe. Ensuite, Monsamou est un cheval de cœur avec qui cela s’est toujours bien passé, et enfin, en m’imposant ,cela récompensait le travail de l’écurie Chevillard.

En arrivant à Auteuil, dimanche, vous attendiez-vous à remporter le 1er groupe de votre carrière ?

Avant le coup, je ne m’y attendais pas. Je me doutais qu’il réaliserait une belle performance mais de là à gagner. Et surtout de cette manière… Il ne faut pas oublier que Monsamou vient des réclamers. Il progresse à chacune de ses courses.

Quand avez-vous commencé à croire à votre succès pendant le parcours ?

Dans la ligne d’en face au moment d’aborder le gros open-ditch, il a tout de suite sauté sur son mord. Ensuite je n’ai eu qu’à veiller à ne pas être gêné par le cheval en liberté.

Où en êtes-vous dans votre carrière professionnelle ?

Je suis actuellement free-lance depuis cette année. Je veux trouver plus de montes en étant disponible pour sauter des chevaux à l’entraînement. Ainsi, je vais pouvoir aller sauter des chevaux à Dragey, chez Patrick Chevillard. Je me rends également de temps en temps chez Jean-Paul Gallorini.

Comment a débuté votre collaboration avec Patrick Chevillard ?

Grâce à Monsamou pour une course à Auteuil. Cela ne s’est pas très bien passé car je suis tombé à cause d’un autre concurrent. Puis quelques mois après, j’ai monté pour lui à Enghien, j’ai gagné, et c’était parti. C’est quelqu’un de très franc, très professionnel.

Vos parents Sylvie et Loïc Audon, sont entraîneurs. Continuez-vous à travailler pour eux ?

Oui bien sûr, dès qu’ils ont besoin de moi. J’ai travaillé pendant 5 ans à leurs côtés mais cette saison, j’avais envie de m’ouvrir de nouveaux horizons.

Comment expliquez-vous que les entraîneurs ne pensent pas plus souvent à vous ?

Je n’arrive pas à trouver la réponse depuis des années ! C’est peut-être lié à ma famille, cela peut bloquer certains entraîneurs que je travaille déjà avec mes parents. Avec cette victoire de groupe, cela prouve que je suis aussi capable de gagner des courses pour les autres.

Avec des parents entraîneurs, devenir jockey était-il une évidence ?

Non car j’ai d’abord réalisé mon apprentissage dans le trot. J’avais des problèmes de poids mais je ne voulais pas tout de suite me diriger vers l’obstacle.

Que retenez-vous de cette expérience ?

Ce n’est pas le même métier ! Les professionnels du trot sont 24h/24h auprès de leurs chevaux. J’ai beaucoup appris en termes de soins ou de méthodes d’entraînement. Mais à mes 18 ans, l’appel du galop a été plus fort, je suis entré au service de Jacques Ortet pendant 1 an et demi.

Quel regard portez-vous sur votre carrière ?

Je suis quelqu’un de timide, cela a peut-être joué en ma défaveur auprès de certains entraîneurs qui me voient comme quelqu’un de froid. Lors des périodes difficiles, j’ai eu des moments de doutes. Mais j’ai persisté et aujourd’hui, je ne le regrette pas.

Propos recueillis par Marion Dubois

 

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