Jockey Club : Qui mieux que son cavalier d’entraînement pour parler de Prince Gibraltar ?

Sébastien Quennesson et Prince Gibraltar. ( crédit photo :  Auteuil, Longchamp, Vincennes - Martine Chemardin)

Sébastien Quennesson et Prince Gibraltar.           ( crédit photo :  Martine Chemardin)

 

D’après un slogan publicitaire automobile, qui mieux que celui qui le monte tous les matins pour parler de Prince Gibraltar. Depuis le mois de janvier, c’est Sébastien Quennesson qui le prépare à participer aux plus belles épreuves françaises en plat. L’ancien jockey travaille au service de Jean-Claude Rouget depuis 6 ans. Souvent oubliés, les cavaliers d’entraînement sont pourtant une pièce maîtresse dans la préparation des champions. Dimanche, Sébastien sera aux côtés de son cheval jusqu’au départ du prix du Jockey Club (groupe I).

 Tous les matins, c’est le même rituel. Il entre dans son box, le caresse, le brosse, le selle et le binôme rejoint la piste d’entraînement à Sers, près de Pau. Sébastien Quenesson côtoie des chevaux depuis 28 ans. À 14 ans, il intègre le Moulin à Vent et devient apprenti chez Emmanuel Chevalier du Fau. « J’ai monté quelques fois en course et compte une victoire en obstacle », explique l’ancien jockey. Avec des parcours dans les jambes, Sébastien Quennesson a au moins eu l’expérience du train. Chose importante pour préparer des champions de la trempe de Prince Gibraltar.

Au début, ce n’est pas lui qui le montait le matin. « Lorsque le cheval est arrivé de l’entraînement d’Henri-Alex Pantall, c’est Thomas Henderson qui le préparait », avoue Sébastien Quennesson. Puis le jeune jockey a dû quitter le sud-ouest pour le meeting de Cagnes-sur-Mer. « C’est comme ça qu’un matin, je l’ai découvert à ma lister Nous étions vers la mi-janvier », raconte-t-il. Le critérium de St-Cloud (groupe I) était déjà tombé dans l’escarcelle de Prince Gibraltar, pourtant Sébastien Quennesson ne garde pas un souvenir mémorable de la première fois où il l’a enjambé. « C’est un cheval assez ordinaire le matin… Je dirais même banal, car il est loin d’être impressionnant », raconte le cavalier d’entraînement, 42 ans. Durant l’hiver, l’alezan a eu un entraînement plus allégé à base de galops de chasse, « où il pouvait se montrer un peu brillant » mais « ce n’est pas le genre à vous casser les bras au canter ». Pour le définir parfaitement, Sébastien Quennesson ajoute : « il garde un comportement de mâle, mais il n’est pas agressif. Il est même gentil et assez sérieux au travail. Il peut aussi se montrer nonchalant ».

D’ailleurs avant sa rentrée dans le prix Greffulhe (groupe II), le 3 mai dernier, son entourage ne savait pas franchement à quoi s’attendre, sauf lui. « Lorsque Christophe Soumillon m’a dit qu’il allait lui donner une course sage et aviser par la suite. Je lui ai répondu que le cheval était très bien ». En effet, Prince Gibraltar mal sorti des boîtes dans un premier temps est revenu du diable vauvert, en longeant les fusains de St-Cloud, terrasser ses quatre adversaires par deux longueurs. Ses sorties des stalles de départ laissent parfois à désirer. « Nous ne lui avons pas donné de répétitions pour mieux sortir des boîtes lors du Jockey-Club. Il vaut mieux le laisser tranquille avant cette course plutôt que de lui mettre la pression », confie Sébastien Quennesson.

Et justement, en parlant de pression, le cavalier d’entraînement de Prince Gibraltar « n’en a pas ». Il complète : « le cheval est bien, il est beau. Pour l’amener jusqu’à dimanche, j’ai fait ce qu’il y avait à faire ». Ses derniers travaux se sont bien passés. « C’est Jean-Bernard Eyquem qui a effectué ses deux derniers canters de préparation ». Partis à 3h30 de Pau, vendredi, direction Chantilly, Prince Gibraltar et son cavalier préféré se détendent les jambes samedi matin. Ils prendront aussi le frais le lendemain à quelques heures de l’échéance. Des instants privilégiés avant la cohue. La gloire ou la déception.

Avant de croiser la route de Prince Gibraltar, le lad a aussi mené Bago jusqu’au prix de l’Arc de Triomphe en 2004. Il retrouve d’ailleurs quelques similitudes avec lui. « Bago avait une force tranquille le matin, il était zen comme Prince. En revanche, lui, était plus souple dans son action ». 10 ans après, le cavalier d’entraînement a l’impression d’avoir gagné une deuxième fois à la loterie. « C’est une chance de préparer un cheval de leur catégorie à un tel niveau. Quand ils gagnent, c’est une belle récompense pour nous qui travaillons tous les matins », avoue-t-il. Sébastien Quennesson est heureux de se lever avant l’aube pour s’occuper de Prince Gibraltar. Dimanche matin, ce sera encore différent.

Marion Dubois

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