Laëtitia Denuault sort de l’ombre

laetitia denuault

Le père et les deux frères de la famille Denuault sont souvent sous les feux de la rampe. Pourtant Laëtitia, l’aînée de la famille, s’active en coulisse tous les matins pour l’écurie Denuault. En charge de l’effectif « rouge et jaune » lors du meeting de Pau, c’est l’occasion d’appendre à la connaître.

Ce n’est jamais évident de travailler en famille. Mais la famille Denuault semble avoir trouvé l’équilibre. « J’aide mon père lors de l’entraînement, je gère seule les chevaux à Pau et pour le reste il s’occupe des engagements, de contacter les jockeys… », détaille Laëtitia.

À 34 ans, la fille de Guy et Liliane est complètement immergée dans le monde du cheval. « Je suis imprégnée de ce milieu depuis que je suis toute petite ». Pourtant, c’est en biologie qu’elle a fait ses premières expériences professionnelles. « J’ai un BTS analyse biologique et bio-technologique. Je voulais avoir une autre formation que celle en lien avec les chevaux ». Ainsi, pendant cinq ans, Laëtitia a travaillé dans un laboratoire vétérinaire en recherche bactériologique. L’opportunité de devenir commerciale pour une marque d’aliments pour chevaux s’est présentée. « Ils recherchaient quelqu’un qui était très impliqué dans le milieu. C’était mon cas, même si je n’avais aucun diplôme dans le commerce », avoue Laëtitia. Pendant plus de trois ans, elle enchaîne les kilomètres, sillonne une large partie de l’ouest de la France pour aller à la rencontre des entraîneurs.

Au service de sa famille

Jusqu’au jour où l’annonce d’une mauvaise nouvelle l’oblige à tout remettre en question. « Nous avons appris que mon père avait un souci de santé, il avait besoin d’être opéré. Il n’allait plus pouvoir s’occuper de l’écurie pendant plusieurs semaines », raconte la cavalière. Sans réfléchir, Laëtitia décide de tout quitter pour venir épauler ses parents. « C’était une évidence de venir les aider. Je prends tout à cœur. La famille avant tout ». La période de remplacement se passe bien. Tellement bien que Guy Denuault laisse sa fille, l’hiver suivant au 1er décembre 2012, s’occuper de plusieurs chevaux aux pieds des Pyrénées. Parmi eux se trouvait un certain Voiladenuo, « le chouchou » de Laëtitia. « Je le monte tous les matins, c’est le troisième meeting que je m’occupe de lui. Sous ses airs de mâle bourru, il est en réalité très gentil », rapporte-t-elle.

Ce meeting encore elle gère environ cinq chevaux. Ses parents feront des allers retours entre Combrée (49) et Pau pour savourer les victoires familiales. Car la casaque jaune et rouge ne cesse de s’illustrer à un niveau de plus en plus haut, depuis trois ans… Date à laquelle Laëtitia est entrée dans l’effectif… Une coïncidence ou une suite logique ? « Si l’écurie va mieux c’est une suite de choses. Notre poulinière Paresca (mère de Voiladenuo, Atuvuedenuo… NDLR) est le premier maillon de la chaine », tranche Laëtitia. Elle avoue à demi-mot « que sa jeunesse » a peut-être contribué à relancer l’écurie. « Mais je ne veux pas tirer la couverture à moi, c’est un travail d’équipe et mes parents travaillent tous les deux depuis des années », tempère-t-elle. Elle a beau être sa fille, Laëtitia a dû gagner la confiance de Guy en ce qui concerne le travail. Elle lui dit toujours ce qu’elle pense d’un cheval, « mais c’est toujours lui qui a le dernier mot… ! J’ai dû m’y faire ». Elle ajoute : « au fur et à mesure, je pense qu’il se rend compte que je peux quand même avoir raison ! ».

Devenir entraîneur

Son métier d’assistante lui convient parfaitement. A tel point que pour l’instant, elle ne se voit pas faire autre chose. « Je ne pourrais plus retourner travailler entre quatre murs », avoue-t-elle. Néanmoins, elle ne se sent pas encore prête à franchir le pas pour devenir entraîneur. Voler de ses propres ailes l’effraie. «Je n’ai pas les épaules pour supporter seule les contraintes de ce métier. Sans compter la gestion administrative, financière et du personnel qui sont des charges importantes ». Rester dans l’ombre lui convient.

Le seul moment où son prénom pouvait briller était côté piste. Mais c’est terminé. Puisqu’elle travaille depuis deux ans à titre professionnel dans une écurie de course, le règlement des courses amateurs ne lui permet pas de continuer à monter en cavalière. Une page se tourne pour Laëtitia mais c’est sans regret. « Le sens de l’amateurisme et l’ambiance ont évolué dans un mauvaise sens. Je n’ai jamais accepté le fait que des cavalières de la nouvelle génération se permettent d’appeler les entraîneurs. Attendre d’être sollicitée pour monter un cheval fait partie des plaisirs du sport amateur », confie Laëtitia. Elle gardera en tête ses meilleurs moments de course comme à Craon avec Royal Saga en 2011 ou encore sa victoire contre les jockeys avec un cheval de son père : Medinacelli. « Je n’ai aucun regret à raccrocher. Je vais transférer mon esprit de compétition sur la préparation de mes chevaux le matin », informe-t-elle. Demeurer dans l’ombre ne la gêne pas. «Je n’ai pas besoin d’avoir mon nom sur les programmes pour me réjouir de mon travail ».

Marion Dubois

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  2. By Marion Dubois

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