L’entraîneur Philippe Boisgontier cesse son activité

philippe boisgontier

L’heure de la retraite a sonné pour Philippe Boisgontier. L’entraîneur installé à Pau depuis plus de 25 ans mettra un terme à sa carrière le 1er septembre prochain.  

« Prudence est mère de sûreté » comme le dit l’adage. De la prudence, Philippe Boisgontier en a fait preuve durant toute sa carrière d’entraîneur. « Un peu trop même parfois », avoue l’homme de 61 ans. « Je n’ai peut-être pas été assez ambitieux. Cela m’a surement empêché de m’agrandir. Mais je n’aime pas prendre des risques financièrement. Je n’ai jamais tenté le diable. Certains ont réussi comme ça mais moi j’ai toujours été prudent ».

La prudence et le sérieux sont des qualités qui ont permis à Philippe Boisgontier de durer de longues années dans le sud-ouest mais aussi à Paris. Les murs de son bureau sont tapissés de photos prises dans les balances, signe de victoires, à tel point que celles des années 2000 s’empilent dans un coin. Certes, les cadres étaient moins grands pour afficher les photos d’arrivées des dernières saisons mais la raison du départ en retraite de Philippe Boisgontier n’est pas là. « J’ai juste moins envie. À 61 ans, je n’ai plus la même motivation d’aller chercher les clients, de trouver de jeunes chevaux. Si j’avais dix ans moins j’y serais allé… ». Le métier d’entraîneur ne se bornant pas qu’à l’entraînement des chevaux ; mais également à celui des propriétaires. Il faut réussir les années de vaches maigres à retrouver les investisseurs qui achèteront le prochain poulain vecteur d’espoir.

Un renouvellement espéré

Il y a un peu plus d’un an, Philippe Boisgontier a justement eu une lueur d’espoir. L’entraîneur espérait bien repartir avec quelques éléments de son écurie. Mais des péripéties de santé ici et là, ont finalement donné le résultat d’un piquet de chevaux « de qualité moyenne ». Avec sa femme, le couple a travaillé sans relâche pendant un an « on la fait un moment en se disant qu’il y aurait du renouveau mais ce n’est pas le cas, je n’ai plus autant la foi qu’avant. A l’époque, j’allais à la chasse aux chevaux, je me déplaçais chez les éleveurs. Je rêve toujours du très bon cheval mais plus comme avant…».

Actuellement, il ne reste qu’une dizaine de chevaux dans son écurie paloise. « J’en ai déjà fait partir progressivement, il reste ceux qui vont courir en juillet avant de clôturer l’activité en septembre ». Le Normand d’origine aurait souhaité arrêter plus tôt mais il a dû composer avec les contraintes salariales. « J’ai quatre employés. Le coût du licenciement m’a empêché d’arrêter plus tôt. C’est une énorme pression pour les patrons. La solution idéale serait de transmettre son activité avec ses salariés, surtout qu’il n’y a pas de chômage dans notre profession », avance Philippe Boisgontier  L’écurie du professionnel est actuellement en vente, « des offres sont en cours », évoque-t-il brièvement. Lorsqu’il pense à l’après, le petit homme au regard franc évoque des envies de voyages, « car on n’en a jamais vraiment eu le temps ». Mais un brin d’inquiétude traverse ses pensées. « En fait, je ne sais pas comment je vais réagir quand je vais me retrouver sans plus rien avoir à faire… Je pense que je vais couper complètement avec le milieu des courses mais j’aurais besoin de trouver des occupations, c’est sûr ».

La fin d’une époque

Une page se tourne pour le professionnel qui a la fierté d’avoir transmis sa passion à ses enfants, Jean-Philippe et Mélissa, tout deux cavaliers amateurs. La question qu’ils puissent reprendre la suite ne s’est pas posée : « ils ont chacun des métiers où ils sont investis ». Si le père de famille devait résumer sa carrière en un mot, il confie sans hésiter « inespérée ». Au moment d’évoquer les meilleurs souvenirs de sa carrière, c’est ceux en tant que jockey qui fusent. « J’ai été gâté, je n’aurais jamais pensé tomber sur d’aussi bons chevaux. J’ai gagné le prix du Président de la République, je suis 2ème du Grand Steeple-Chase de Paris… ». Un souvenir enrobé de regrets pour l’ancien jockey. « Cette 2ème place a été difficile à encaisser à l’époque car j’avais vu la victoire en sortant du dernier tournant, mais une fois la dernière haie franchie, j’ai compris qu’il y aurait 100 mètres de trop. » De sa carrière d’entraîneur, il retient ses belles années avec Logo « sa victoire dans le prix Juigné mais aussi dans la Grande course de haies de Pau », il y a eu aussi Great Love qui a remporté plusieurs groupes à Auteuil. Au total, le professionnel compte plus de 600 victoires.  Un résultat plus que satisfaisant surtout qu’à l’époque « quand je me suis installé, les plus anciens me disaient de ne pas le faire ». Alors malgré la conjoncture difficile, Philippe Boisgontier ne veut pas être donneur de leçon aux jeunes qui débutent. « On ne peut rien dire, car à cet âge-là, on passe toutes les barrières ». Après avoir passé bon nombre d’obstacles au cours de sa carrière, Philippe Boisgontier vient de passer le poteau d’arrivée, une retraite méritée l’attend au retour aux balances.

Marion Dubois 

Comments

  1. By BOISGONTIER MICHEL

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