Ludovic Philipperon : « Cette victoire dans un groupe est une consécration »

Ludovic Philipperon

© APRH

Vainqueur du prix Cambacérès (groupe I), avec Chimère du Berlais dimanche 8 novembre, Ludovic Philipperon remportait le premier groupe de sa carrière. Il sera également en piste ce dimanche à Auteuil à 4 reprises. 

Device était le grand favori, votre victoire avec Chimère du Berlais vous a t-elle surpris ?

Même si je n’osais pas imaginer cette victoire, je pense que même si Device avait été dans un grand jour, j’aurais gagné. Avec du recul, j’ai revu la course, Chimère a montré sa supériorité dans les 150 derniers mètres.

Il s’agissait de votre premier groupe, réalisez-vous votre exploit de dimanche dernier ?

Oui je suis redescendu sur terre ! J’ai vraiment réalisé que j’avais gagné le soir de la course, lorsque nous fêtions la victoire avec l’entourage du cheval. Il s’agissait d’un premier groupe, et un groupe I de surcroît. C’était un beau moment après la déception de la veille avec la mort de Saint-Firmin.

Quel a été votre parcours professionnel ?

Je travaille depuis 5 ans pour Robert Collet. Je travaillais avant dans le plat. J’ai réalisé mon apprentissage chez Christiane Head-Maarek puis je suis entré au service de Jonathan Pease. J’ai beaucoup monté pour lui, mais des problèmes de poids m’ont rattrapé. J’ai donc arrêté de monter en course entre 2006 et 2009.

Comment avez-vous renoué avec la compétition ?

Par hasard. J’étais revenu comme cavalier d’entraînement chez Christiane Head-Maarek et, un matin, à l’entraînement, un cheval s’est dérobé pour sauter un obstacle. Je suis tombé mais ma patronne m’a dit en rigolant de me mettre à l’obstacle.

Et vous l’avez écouté ?

Oui ! Avant je n’étais pas attiré par l’obstacle mais cette chute m’a donné le déclic. Je ne voulais pas passer à côté de quelque chose, alors j’ai essayé. Le bilan est plutôt positif car j’ai la confiance de mon patron et je gagne la plupart de ses courses. Même si cette année, je ne réalisais pas une très bonne année car je n’ai que 8 victoires, ce groupe I est synonyme de consécration. Je ne le remercierai jamais assez.

Comment gérez-vous la répartition des montes avec des jockeys extérieurs à l’écurie ?

Kevin Nabet, David Cottin, Stevan Bourgois ou Erwan Chazelle viennent sauter des chevaux le matin, car je ne peux pas tous les monter, c’est normal. Ils savent qu’en priorité c’est moi, mais s’ils s’entendent bien avec un cheval, ils le gardent. Mon patron adapte aussi les montes selon les besoins des chevaux.

Votre objectif de carrière était de remporter un groupe, c’est désormais chose faite. Quel est votre prochain objectif ?

C’est vraiment que j’ai longtemps tourné autour du pot avec plusieurs places à l’arrivée de groupe. En termes de victoires, je ne pourrai pas battre des records cette année mais je souhaiterais dépasser le million d’euros de gain.

Vous ne faites pas partie du top 10 des jockeys, est-ce une frustration ?

Non, car je suis quelqu’un de très modeste qui n’en demande pas trop et sait reconnaître ses erreurs. J’ai la confiance d’un entraîneur, c’est déjà bien.

Vos débuts à cheval ont été difficiles, remporter un groupe I aujourd’hui est une belle récompense, n’est-ce pas ?

Oui au début c’était dur. Je n’étais pas une flèche à l’école et je devais trouver ma voie. Mes oncles étaient des cracks jockeys et m’ont conseillé d’en faire autant. Mais c’était difficile au début car j’ai dû me faire un prénom. Cette victoire est donc une consécration, surtout vu l’année que j’ai faite. Pour une fois, ce n’est pas un jockey vedette en haut de l’affiche.

Propos recueillis par Marion Dubois

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