Lukas Delozier : « Je dois tout à mon père »

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Lukas Delozier connaît une belle réussite cette année. Après avoir travaillé chez Yann Barberot, le jeune jockey est entré au service de Henri-Alex Pantall depuis le mois de mars. En 7 mois, il a engrangé 27 victoires. Le fils de l’ancien jockey d’obstacle Raphaël Delozier, n’oublie pas qu’il lui doit beaucoup.

Avec un père jockey d’obstacle, c’était une évidence de travailler dans le milieu ?

Oui car depuis tout petit, je le suivais partout sur les hippodromes. J’étais son ombre. Je suis donc entré à l’école du Moulin à Vent, en 2012 et c’était prévu que je sois apprenti chez Yann Barberot. J’avais l’habitude d’aller monter chez lui et cela me permettait d’être avec mon cousin Théo Bachelot qui travaille aussi à Deauville.

Pourquoi avez-vous changé d’entraîneur ?

Je suis entré chez M.Pantall le 2 mars dernier car il m’a proposé de venir travailler pour lui, comme il n’avait plus de jeune jockey à décharge. Yann Barberot m’a beaucoup appris, c’est d’ailleurs lui qui m’a permis de monter en course et de remporter ma première victoire. Mais je suis parti sans hésiter à la vue de l’effectif de M.Pantall.

Vous avez eu la chance de participer au challenge des apprentis européens, il y a 1 an. Que retenez-vous de cette expérience ?

C’était très enrichissant. L’épreuve se déroulait en Allemagne. J’ai terminé deuxième et cela m’a permis de me faire remarquer et d’être invité 15 jours après pour monter 7 courses. J’ai pu en remporter une à Baden-Baden.

Comment qualifiez-vous votre saison ?

Très bonne car au mois de mars je n’avais pas de victoires et depuis que je suis arrivé chez M.Pantall, j’en compte 27 en 7 mois. Il se sert beaucoup de ma décharge en province.

La perte de votre décharge vous fait-elle peur ?

Je n’y pense pas, même si le cap des 70 victoires fait toujours un peu peur. Je suis grand et assez lourd donc un jour ou l’autre je me dirigerai vers l’obstacle. J’ai toujours envisagé de devenir jockey d’obstacle, mais je trouvais important d’apprendre le métier en étant jockey de plat.

Qu’est-ce qui vous attire dans la discipline de l’obstacle ?

J’aime les sensations et le prestige de la discipline. Ce sont plus de risques mais aussi davantage d’adrénaline. Je trouve que l’obstacle suscite plus l’admiration que le plat. Même si ce n’est pas évident de monter en plat et qu’il est important de gérer la vitesse et de donner des bons parcours.

Vous avez débuté en compétition fin décembre 2013, peu de temps après l’accident de votre père en course. Comment avez-vous vécu ce moment ?

C’était une semaine après sa chute. Sur le coup je n’y pensais pas. Je savais qu’il était à l’hôpital et qu’il allait me suivre à la télé. C’était une fierté pour moi qu’il me voit monter. Je voulais lui faire honneur.

Est-ce qu’il vous donne des conseils ?

Tout le temps. Après chaque course, il me dit ce que je dois améliorer, mes erreurs… Je ne prends aucune décision sans lui en parler, c’est la personne qui compte le plus pour moi. Il m’a transmis sa passion, je lui dois tout. Aujourd’hui, il ne peut plus monter en course, alors il me conduit sur les hippodromes et me soutient.

Est-ce un regret de ne pas avoir pu monter en même temps que lui en course ?

Oui, car c’était prévu en plus. Nous devions monter tous les deux dans une course réservée aux AQPS. Même si l’on n’a pas eu l’occasion de partager le même vestiaire, je me rassure en me disant qu’il est encore vivant.

Quels objectifs de carrière vous fixez-vous ?

Perdre ma décharge en plat puis mon poids m’obligera sûrement à me diriger vers l’obstacle. Je n’ai pas sauté de chevaux depuis un an, ça me manque un peu mais je ne peux pas prendre de risques. Dans tous les cas, ce qui est arrivé à mon père n’a pas remis en cause ma passion pour les courses…

 Propos recueillis par Marion Dubois

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