Olivier Plaçais : « Je ne suis pas mort ! »

Olivier Plaçais a remporté sa 500è victoire à Maisons-Laffitte.

Olivier Plaçais a remporté sa 500è victoire à Maisons-Laffitte.

Le mercredi 29 octobre, Olivier Plaçais a remporté sa 500ème victoires de sa carrière. Une carrière réalisée en majeure partie à l’étranger. Un choix par défaut qu’il a appris a accepté. L’Angevin d’origine revient sur son parcours.

« Je me rappelle exactement le moment où j’ai appris que mon patron de l’époque, André Fabre, ne voulait plus de mes services. Je rentrais des courses de Deauville, il m’a appelé et m’a dit que je ne montrais plus jamais pour lui », confie Olivier Plaçais. Ce jour là, il a cru sa carrière terminée. « Mon monde s’écroulait. Je savais que tous les autres entraîneurs allaient me fermer leur porte », avoue-t-il. Sa prédiction s’est confirmée les semaines suivantes. « En l’espace d’un mois, tout le monde m’a écarté du circuit ». Il avait 19 ans, c’était en 2004. Après un début d’apprentissage chez Jean Lesbordes, Olivier Plaçais était arrivé chez André Fabre pour terminer son cursus. Il restera cinq ans à son service. « J’ai remporté mes premières courses PMU pour lui, mon premier groupe… », se rappelle-t-il un brin nostalgique. Pour rebondir, il décide de saisir l’opportunité d’aller monter en Suisse. « Même si quelques entraîneurs comme Bertand Dutruel ou Criquette ont continué à me faire confiance, c’est la Suisse qui a sauvé ma carrière », reconnaît le jockey. L’entraîneur Kurt Schafflützel l’a sollicité pour monter la dernière réunion à Avenches. « J’ai appris plus tard qu’il s’agissait d’un test pour la saison suivante ». Dès lors, l’Angevin d’origine passe ses week-ends chez les Helvètes. « J’ai eu les premières montes de l’écurie après le départ de Bruno Jollivet », raconte-t-il. Même en ne s’installant pas à l’année en Suisse, Olivier Plaçais décroche deux cravaches d’or, une en argent et une autre en bronze.

Des progrès 

En 2010, le jockey décide de s’expatrier à Singapour après avoir décroché « une super place ». Il ajoute : « Ces deux années passées en Asie ont été une formidable expérience. Je ressors plus fort professionnellement ». Notamment pour gérer le train d’une course. « En France, la gestion de la vitesse n’est pas aussi précise qu’à Singapour. Là-bas on m’a parfois demandé de travailler des chevaux sur les 600 derniers mètres en 36 secondes, et le suivant en 37 secondes ! C’est très précis », rapporte-t-il. Olivier Plaçais a progressé à cheval mais pas seulement. « J’ai aussi appris à combattre ma timidité en m’ouvrant davantage aux autres. À Singapour, tous les jockeys appellent les entraîneurs pour monter. J’ai dû apprendre à faire pareil, à savoir me vendre ». En France, le jockey reconnaît avec du recul que sa timidité l’a sans doute desservi. « On me voyait surement comme quelqu’un d’hautain ». Sur le plan sportif, Olivier Plaçais a pu renouer avec les victoires au haut niveau. « En partant de chez André Fabre, j’avais fait une croix sur les groupes. Je pensais ne plus jamais remonter d’aussi belles courses », confie-t-il. Jusqu’au 23 avril 2014, où il remporte la Queen Elizabeth Cup, à Singapour. « Grâce à toutes ses victoires acquises à l’étranger, j’ai repris confiance en moi », résume-t-il.

« Mon corps m’a dit stop »

Revenu en Suisse en 2012, « après avoir fait un malaise à la suite d’une course singapourienne », Olivier Plaçais a pris un nouveau départ. « À Singapour je ne pouvais plus continuer à me maintenir à 50,5 kg. Je n’en pouvais plus, mon corps m’a dit stop ». Au même moment, il apprend que Mathias Sautjeau quitte sa place de premier jockey chez Miro Weiss, l’un des meilleurs entraîneurs helvétiques qui compte une soixantaine de chevaux. Après un temps de réadaptation aux courses suisses, Olivier Plaçais a engrangé les victoires. Il compte désormais trois cravaches d’or sur place et vient de battre le record de victoires en une année, porté à 31. Même s’il connaît une belle carrière de l’autre côté des Alpes, l’Angevin rêve parfois de revenir en France. « En 2013, j’ai pensé à revenir mais en y réfléchissant bien. Personne ne m’attend et les places sont chères. Ici, je monte une fois par semaine, je gagne bien ma vie et j’ai la chance d’être dans une grande écurie. Beaucoup me disent que j’ai une place en or ». Cela n’empêche pas le “Frenchie” de sillonner la France pour monter « surtout dans l’Est ». Lorsqu’il a remporté sa 500ème victoires à Maisons-Laffitte, le mois dernier il a réalisé un joli pied de nez à tout ceux qui l’avait “zappé”. « J’étais heureux de prouver que je n’étais pas mort ; Douze ans après je suis toujours dans le business, il poursuit, quand j’étais gosse je rêvais de monter l’Arc, je ne rêvais pas d’être loin de ma famille mais au moins à l’étranger on me respectait pour ce que j’étais et l’on appréciait mes services ». À l’aube de ses 30 ans, Olivier Plaçais a passé près de la moitié de sa vie à l’étranger et a réussi à glaner 500 victoires. Il a eu le courage de transformer son exil forcé en réussite mondiale.

Marion Dubois

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  1. By Ipoh

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  3. By Rno

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  4. By COURAULT MA

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