Pascal Fleurie : « Ils croyaient tous que j’étais Italien ! »

Pascal Fleurie

(crédit photo : Equidia)

L’entraîneur est originaire de la région angevine, pourtant tout le monde le prend pour un Italien. Il a certes gardé l’accent après 28 ans passés dans la botte, mais Pascal Fleurie, 47 ans est aujourd’hui installé comme entraîneur à Senonnes, depuis le mois de janvier dernier.

D’où tenez-vous votre passion pour les chevaux ?

Vers l’âge de 7 ans, en regardant des courses à la télé, je me suis passionné. Mes parents ne connaissaient pas le milieu mais nous nous rendions aux courses de Rochefort-sur-Loire, près d’Angers (49). Je me suis alors rapproché de la MFR de Pouancé puis j’ai rejoint l’école du Moulin à Vent à Chantilly.

Comment l’opportunité de partir en Italie s’est présentée à vous?

J’étais apprenti chez Charley Millbank mais je n’étais pas le seul et j’étais plus lourd qu’eux. Il m’a parlé d’une écurie à Turin qui cherchait un apprenti. J’en ai parlé à mes parents et j’ai pris le train pour rejoindre Turin. J’avais à peine 18 ans. Au début, c’était difficile à cause de la langue puis petit à petit, j’ai appris et j’ai rencontré d’autres entraîneurs.

Quelles étaient vos expériences ?

Je suis resté 28 ans en Italie et j’ai eu l’occasion d’engranger une trentaine de victoires. Le poids m’a vite bloqué, je suis donc devenu 1er garçon de l’écurie de Mario Ciciarelli et ce pendant 25 ans. Je veillais sur entre 40 et 60 chevaux C’est comme ça que j’ai appris le métier d’entraîneur. Aussi bien pour la gestion de l’entraînement que du personnel. Je suis ensuite devenu assistant-entraîneur à Milan, pendant 2 ans.

Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir entraîneur ?

J’ai toujours voulu faire ce métier. J’ai d’abord passé mon examen d’entraîneur en Italie avant de le tenter en France. Mais j’ai dû m’y reprendre à trois fois car le pré-stage était très sélectif.

Pourquoi avoir choisi de revenir en France pour vous installer ?

En Italie, la situation n’était plus tenable. Quand on travaille pour rien, à force ça décourage. Il faut avoir la passion pour faire ce métier, mais quand on doit attendre un an avant de toucher les primes que l’on a gagné, ce n’est pas possible. J’ai visité le centre d’entraînement de Chazey-sur-Ain, près de Lyon, car c’était plus pratique pour mes propriétaires de venir rendre visite à leurs chevaux, mais j’ai trouvé que le coin était « triste ». Quand j’ai visité le centre d’entraînement de Senonnes, il m’a de suite plu.

Pourquoi ?

C’est un endroit idéal, avec de belles pistes. De plus, il y a un maillage d’hippodromes très dense, ce qui valait le coup pour mes chevaux italiens. J’ai trouvé les gens cordiaux même si au début, ils croyaient tous que j’étais italien !

Au bout de 10 mois d’installation, êtes-vous satisfait de vos résultats ?

J’aurais pensé que ce serait plus difficile. Je compte 3 victoires avec 11 chevaux et je trouve qu’ils se sont bien habitués. C’est encore difficile de trouver des propriétaires français même si j’ai eu quelques contacts. Je vais y aller doucement car je suis habitué à travailler avec une douzaine de chevaux. Je ne veux pas me retrouver avec un effectif supérieur à 25 chevaux. Je préfère la qualité avec une base solide que la quantité avec des chevaux de qualité moyenne.

Pour conclure, regrettez-vous d’avoir passé une majorité de votre carrière en Italie ?

Pas du tout, car j’en serai arrivé au même point, j’aurais aussi été entraîneur. J’aime la poussée d’adrénaline au moment où je vois mes chevaux courir, mais encore plus lorsqu’ils gagnent. Je dis « mes chevaux », même s’ils ne sont pas les miens, j’y tiens beaucoup. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai déclaré Rivaliste non-partant à Auteuil cette semaine, car ce n’était pas son terrain. Je cours pour quelque chose, sinon je préfère rester à la maison.

Propos recueillis par Marion Dubois

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