Philippe Lefèvre : « Je n’ai aucun regret »

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L’entraîneur installé à Senonnes depuis 2011 mais après une carrière réalisée essentiellement dans l’Est, Philippe Lefèvre arrête le métier. L’heure de la retraite a sonné mais d’autres éléments ont poussé le professionnel a raccroché les jumelles.

Depuis quand avez-vous décidé d’arrêter votre métier d’entraîneur ?

Je l’avais prévu depuis l’an dernier mais ce qui m’a vraiment décidé à le faire, c’est lorsque j’ai été rétrogradé dans le Grand steeple-chase de Fontainebleau. Si cela avait été un entraîneur de renom, cela n’aurait pas été la même chose. Le cheval a penché mais la décision a été dure et injuste de le passer de la 1ère à la 4ème place.

Pourquoi cette expérience vous a particulièrement marqué car ce genre d’aléa est courant dans le métier ?

Oui mais cela a conforté mon idée d’arrêter. Je trouve qu’il y a trop de choses injustes. Et puis, je n’accepte plus à mon âge (60 ans, NLDR) de ne rien pouvoir dire. C’est lassant de ne pas pouvoir communiquer avec les commissaires. C’est à sens unique, aussi bien pour les entraîneurs que pour les jockeys qui sont sanctionnés.

Quelle est votre situation actuelle ?

Jusqu’à la fin juin, je continue mon activité en tant que permis d’entraîner avec 3-4 chevaux que j’aime bien. Puis, je vais quitter Senonnes en emmenant quelques chevaux pour la retraite avec moi ! Les plus jeunes chevaux resteront à l’écurie avec le repreneur des lieux. Il s’agit d’un entraîneur italien, installé depuis peu, Pascal Fleurie.

A quelques jours du changement, cela ne vous effraie pas de quitter le métier ?

Pas du tout. J’avais toujours prévu d’arrêter ma carrière à 60 ans sauf si je tombais sur un bon cheval. Je suis serein. J’allais de moins en moins souvent aux courses, je ne me sens plus dans mon élément. Je n’ai plus la passion comme avant.

Pourquoi ?

Je suis entraîneur depuis 24 ans et j’ai été déçu par certains qui se prennent pour des seigneurs… Je garde de très bons amis dans le milieu mais il y a aussi beaucoup d’hypocrites.

Vous avez connu une belle carrière dans l’Est de la France. Ne regrettez-vous pas votre installation dans l’Ouest à 57 ans ?

Non même si cela a été dur la 1ère année sur le plan hippique car j’ai surtout travaillé avec des vieux chevaux. Je n’avais pas de renouveau dans mes boxes et sans jeunes chevaux, on n’a pas trop d’espoir. Néanmoins, j’ai réalisé un bel investissement en rachetant l’écurie de Claude Rouget que j’ai rénové et je vais désormais la louer.

Quel bilan tirez-vous de votre carrière ?

Un propriétaire de l’Est m’a lancé ce qui a amené ma réussite à l’époque. Je suis tombé dans les meilleures années dans l’Est, aujourd’hui il y a la concurrence allemande et beaucoup de grosses écuries françaises qui n’hésitent plus à faire le déplacement jusque là-bas. C’est pour ça que je suis parti d’ailleurs. À Senonnes, j’ai eu jusqu’à 20 chevaux mais cela était dur de les placer. Je n’ai aucun regret.

Qu’allez-vous faire maintenant ?

Je vais chasser et pêcher. Nous avons trouvé une maison dans un village de 25 habitants, dans la montagne ariégeoise, où nous emmenons quelques chevaux en retraite avec nous. Je vais profiter de la vie tout simplement.

 Propos recueillis par Marion Dubois 

Comments

  1. By HENNENFENT

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    • By lefevre

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