Portrait du juge au départ Bernard Fumat : L’impartialité de l’élastique

juge au départ

Bernard Fumat, juge au départ

Bernard Fumat est juge au départ depuis 2005. Aussi surnommé « starter », dimanche, il élancera les partants du Grand cross de Pau, notamment. Avant le lâcher des élastiques c’est l’occasion d’en connaître davantage sur son rôle.  

« Huit courses, huit départs différents », annonce Bernard Fumat Le ton est donné. Avant le élancement des chevaux, le juge au départ grimpe sur son escabeau à la hauteur des élastiques, pour surplomber l’aire de départ, drapeau rouge à la main. « Lorsque l’on monte sur l’échelle, on a l’impression que le monde vous regarde alors que c’est l’inverse ! », confie le juge au départ. La pression de donner un bon départ sans avantager ou désavantager un concurrent est identique avant chaque course. « Les maîtres-mots de la fonction sont neutralité, prudence et impartialité. Mais nous ne sommes jamais à l’abri d’une erreur car cela se joue en une fraction de seconde ». Pour réussir sa mission, Bernard Fumat doit cerner les chevaux difficiles, récalcitrants au départ « mais aussi détecter les jockeys stressés », il faut juger l’ensemble du peloton derrière les élastiques.

Mais être starter, c’est aussi trouver le subtil équilibre entre autorité et permission. « J’ai conscience qu’ils ont des chevaux parfois difficiles à gérer mais ce qui m’importe c’est que personne ne soit lésé. Aussi bien les professionnels que les parieurs », reconnaît le starter. Néanmoins, ce sont les jockeys qui font les départs. Et le rôle de Bernard Fumat est aussi de ne faire aucune distinction entre « un jockey cravache d’or » et un « autre qui monte moins souvent ».

L’adrénaline du départ

Cette fonction il la réalise avec passion depuis dix ans, il sillonne les hippodromes du sud-ouest pour assurer environ 100 réunions par an. Ancien militaire de carrière, lorsque sa retraite professionnelle a sonné, il a cherché à trouver une occupation. « J’étais propriétaire d’un trotteur et c’est un ami qui m’a parlé de l’activité de juge au départ. Il savait que je cherchais un travail en lien avec le milieu hippique », détaille le juge au départ. Après avoir suivi pendant 25 réunions un starter déjà chevronné, la personne reçoit sa licence annuelle pour exercer dans sa fédération. Ensuite, ce sont les présidents des sociétés de courses qui les contactent selon leur besoin. Avec du recul, il avoue qu’il « ne s’attendait pas à ce que ce soit si difficile, il faut vraiment être passionné pour monter en haut de l’échelle ». Les enjeux sont tels que la moindre erreur de jugement peut avoir des conséquences regrettables. Bernard Fumat garde d’ailleurs une anecdote en tête qui l’a empêché de dormir pendant plusieurs nuits. « C’était en 2008, se souvient-il, lors d’un quinté le favori est resté au poteau mais j’ai tout de même validé le départ car j’ai jugé que c’est le jockey qui n’avait pas voulu partir et en aucun cas il n’avait été gêné par un autre concurrent ».

Ne pas se mettre la pression

Le juge au départ n’a eu aucune sanction même si parfois, des commissaires peuvent lui faire une remarque, surtout lorsqu’il s’agit de courses médiatiques. La seule véritable sanction pour un juge, c’est lorsque son téléphone cesse de sonner pour aller officier sur tel ou tel hippodrome. « J’ai failli arrêter plusieurs fois mais avec le temps on apprend à gérer les situations », révèle-t-il. Si un jockey provoque un faux-départ, d’après le code des courses il peut écoper d’une amende de 75€. « C’est rare que je demande aux commissaires de donner une sanction car ce n’est pas dans mon éducation. Les jockeys se lèvent déjà à 5h du matin pour faire le métier, je n’ai pas envie de leur prendre leur argent surtout que ça ne va pas dans mes poches comme beaucoup pourraient le croire ! ».

Lors des grandes réunions, comme c’est le cas ce week-end, Bernard Fumat tente de ne pas se mettre la pression. Comme lorsqu’il s’agit d’un deuxième départ, après un faux-départ : « il faut rester concentré et se remobiliser à chaque fois ». C’est aussi toute la difficulté du meeting de Pau qui demande beaucoup de concentration sur 28 réunions soit près de 250 départs à donner ! » Pour dimanche, il va devoir prendre en compte « l’état du terrain », « le décordage » et s’assurer comme d’habitude « de ne léser personne et de donner un beau départ au Grand Cross de Pau 2015 ! »

Marion Dubois

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