Stéphane Coffigny, “le roi de la der” toujours dans les vestiaires

Après avoir été jockey, Stéphane Coffigny prend soin d'eux en tant que valet.

Après avoir été jockey, Stéphane Coffigny prend soin d’eux en tant que valet.

L’ancien jockey surnommé le roi de la der a raccroché les bottes en 2008 mais depuis il continue d’entretenir celles de ses anciens collègues. Stéphane Coffigny est devenu valet. Une reconversion dans l’ombre qui lui permet de prendre soin des jockeys parisiens. À l’approche des grands rendez-vous hippiques en plat ou en obstacle, la tension est palpable. Stéphane Coffigny raconte.

« Quand les gros morceaux arrivent les visages changent. Les gars viennent avec la pression, ils sont plus crispés… », avoue Stéphane Coffigny. En tant que valet, c’est aussi son rôle de leur faire penser à autre chose. C’était important pour “le roi de la der” de garder un pied dans les vestiaires. À 40 ans, las « des chevaux moyens et de faire le poids », le jockey a arrêté sur un coup de tête. Il fallait alors trouver une reconversion. « Je suis d’abord entré au sein du GTHP (groupement technique des hippodromes parisiens), j’ai eu la chance qu’un valet parte en retraite. J’ai donc remplacé Loulou », se rappelle-t-il. Il fait désormais partie des trois valets en France en exercice avec Daniel Hoyeau et Jacques Huet. Après 24 ans de carrière dans les pelotons, Stéphane Coffigny connaissait déjà son futur métier. Chaque jour de course, il a pu observer les gestes de son valet. Souvent méconnus du grand public et des parieurs, les “habilleurs” restent dans l’ombre, derrière les portes battantes du vestiaire. `

Faire partie du clan

Pour résumer leur métier en une phrase : « nous sommes aux petits soins des jockeys ». Ces derniers peuvent arriver les mains dans les poches sur un hippodrome, toutes leurs affaires sont déjà sur place : selle, breeches, bottes, casques. « Chaque matin, en arrivant sur l’hippodrome parisien où se dérouleront les courses du jour nous déchargeons le camion qui transporte les affaires d’un hippodrome à un autre. Puis nous devons tout mettre en place dans leurs casiers, dans les vestiaires », détaille le valet. Ce dernier lave dans sa machine à laver, chez lui, sous-pulls et linges de ses jockeys. Chacun des trois valets gère entre 15 et 20 jockeys. C’est non sans une certaine fierté que Stéphane Coffigny énumère les siens : « David Cottin, Bertrand Lestrade, Mathieu Carroux, Vincent Cheminaud, Morgan Regairaz, Jacques Ricou… Et pour le plat : Thierry Jarnet, Anthony Crastus, Thierry Thulliez, Gérald Mossé, Demuro, Hamelin, Augé, Bertras, Blondel, C-P Lemaire … ». D’ailleurs, lorsque ce dernier a annoncé récemment qu’il ne reviendrait peut-être pas en France, Stéphane Coffigny avoue avoir accusé le coup. « On s’attache à nos jockeys. C’est le cœur serré que je l’ai laissé partir à la dernière réunion », confie avec émotion le valet. Être au cœur du clan des jockeys permet également de savourer les victoires au plus près de l’événement. D’ailleurs le valet s’implique dans les victoires de ses protégés. « Cela fait deux ans que l’on gagne l’Arc, c’est une fierté. En plus Thierry Jarnet est un jockey de ma génération ». Ces grandes victoires récompensent les journées moroses où les défaites s’enchaînent et les jockeys ont le moral en berne.

Habilleur-déshabilleur

Lorsque le début des opérations commence, les couleurs doivent être à la place de chaque jockey. Car entre deux courses c’est un vrai contre la montre. Les compétitions s’enchaînant toutes les demi-heures, c’est à peine 20 minutes dont disposent les jockeys pour se changer, se peser, et s’ils ont le temps, se poser quelques secondes. Les valets sont importants pour eux. « Nous leur lavons entre les courses, leurs lunettes, changeons les toques », énumère Stéphane Coffigny. La bête noire des valets et selliers ? « La pluie », répondent-ils unanimement. Quand leurs protégés reviennent de la piste, maculés de terre, il faut tout laver de manière express. « Parfois il faut nettoyer 20 paires de lunettes et 20 casques en même temps. Je déteste l’hiver… », confie l’habilleur. Ce dernier peut parfois se transformer en déshabilleur… Lorsque l’un de ses jockeys a chuté et revient groggy de l’infirmerie, c’est parfois lui qui doit l’aider à enlever casaque tâchée, les breeches verdis, et le moral brisé. « Certains reviennent dans un état lamentable après une chute. Cela fait aussi partie du métier de trouver les bons mots pour les aider à repartir pour la prochaine course ». Avoir été jockey, aide Stéphane Coffigny à prodiguer des conseils. «Quand j’étais jockey, c’était Daniel Hoyeau mon valet. Aujourd’hui c’est mon collègue ! ». Une reconversion réussie pour “le roi de la der ” qui n’est pas prêt de quitter les vestiaires.

 

Marion Dubois

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