Stevens Medina, d’ébéniste à jockey

stevens medina

Stevenes Medina et Hollywood park (DR : crédit photo PT)

Première monte à Auteuil et première victoire pour Stevens Medina le 20 juin dernier, à Auteuil, ce fils d’ancien jockey a seulement 14 montes (dont 4 PMU) à son actif. À 25 ans, cet ébéniste de formation devenu jockey possède un parcours atypique.

Vous avez un parcours professionnel peu commun pour un jockey, pouvez-vous nous l’expliquer ?

J’ai d’abord suivi un bac S, puis j’ai choisi le métier de menuisier-ébéniste. J’aimais bien les travaux manuels, et manipuler du bois. En parallèle de mon travail comme menuisier, je montais à l’entraînement le samedi matin, chez Patricia Butel, à Maisons-Laffitte. J’avais de plus en plus envie de monter à cheval, de les sauter.

Vous avez commencé à travailler dans une écurie de course qu’à 22 ans. Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer ?

J’avais envie de changement. Mon père est un ancien jockey d’obstacle – Rémi Médina. J’ai toujours trouvé que c’était un beau métier. J’ai grandi au milieu des chevaux, d’ailleurs mon père tient une ferme équestre près de Cergy-Pontoise (95). J’avais envie d’essayer le métier qu’il avait pratiqué. J’ai d’abord commencé comme cavalier d’entraînement, chez Yannick Fouin, en mars 2012.

Devenir cavalier d’entraînement était-ce une première étape avant celle d’être jockey ?

Tout à fait. Monter à l’entraînement c’est bien, monter en course, c’est autre chose. J’ai obtenu ma licence de jockey en 2014, mais avant cela j’ai dû perdre du poids. Quand j’étais ébéniste, je pesais 90kg, aujourd’hui je peux monter à 65kg. Le changement d’activité m’a fait perdre du poids, et la motivation de porter la casaque a fait le reste !

Vous avez débuté en course en août 2015 mais cela aurait-il pu être plus tôt ?

Oui mais un grave accident m’a tenu éloigné des chevaux pendant 6 mois. Je suis tombé en sautant à l’entraînement. Une jument en liberté est venue me percuter, je suis tombé sur la haie et à la réception, elle m’a piétiné. Verdict : 5 côtes cassées, la rate éclatée, un pneumothorax, une vertèbre fracturée… J’aurais dû reprendre le travail au bout de 8 mois, mais j’ai accéléré les choses car j’avais envie de débuter en course rapidement.

Pouvez-vous revenir sur votre première monte ?

C’était à Cluny en août 2015. Je travaillais pour Augustin de Boisbrunet dans le Centre. Ma première monte était pour un permis d’entraîner pour qui je sautais un cheval, le matin. C’était un cheval qui n’avait pas couru depuis longtemps en obstacle, j’ai fini 3è.

Comment êtes-vous arrivé au service de Jean-Yves Artu ?

J’ai su qu’il cherchait un jockey à décharge et je souhaitais revenir en région parisienne. Je travaille chez lui depuis le mois de mars. Je le remercie pour sa confiance et de m’avoir permis de monter Hollywood Park, à Auteuil.

Vous attendiez-vous à signer votre première victoire pour votre première monte à Auteuil ?

Pas vraiment, car même si je savais qu’elle valait mieux qu’une course à réclamer, elle restait une jument compliquée. Je la monte tous les matins depuis un mois. Elle doit se monter avec le moral. Si elle a envie, elle est capable de se donner. Je devais faire la course en tête et ne pas laisser quelqu’un me prendre l’avantage. C’est ce qui s’est passé et nous avons gagné !

Comment voyez-vous la suite de votre carrière ?

Je veux continuer à monter en course et à gagner la confiance de différents entraîneurs. Gagner à Auteuil est chose faite, il faut maintenant perdurer.

Propos recueillis par Marion Dubois

Comments

  1. By faerber

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