Thomas Viel : « Je ne me mets pas la pression »

thomas viel

Après plus de 5 ans comme gentleman-rider, Thomas Viel a décidé de passer jockey cet hiver. Il travaille au service de son père Laurent Viel qui vient de faire l’actualité avec Saint-Pistol, lauréat du prix du Président de la République. Thomas était aussi sous les feux de la rampe puisqu’il est le cavalier d’entraînement de Saint-Pistol.

Comment avez-vous vécu la course de Saint-Pistol dimanche dernier ?

J’étais confiant car il était revenu dans un très bel état après ses blessures. Je connaissais sa qualité et surtout sa capacité d’accélération…

Depuis quand le montez-vous ?

Je le monte depuis le mois de janvier. C’est un cheval très attachant qui est très émotif et gentil. Il est marrant car il a toujours besoin de compagnie. D’ailleurs il a un box avec un vis-à-vis sur un autre box car sinon il tourne en rond et n’est pas bien dès qu’il est seul. Il a besoin d’une présence !

Est-ce que vous pouvez nous expliquer votre parcours ?

J’ai commencé comme amateur afin de pouvoir continuer des études après mon Bac S. J’ai donc réalisé un BTS en comptabilité puis une licence en management. Je souhaite devenir entraîneur, donc ce sont des diplômes qui m’aideront lors du passage du stage d’entraîneur et au moment de gérer ma future entreprise.

Pourquoi avez-vous ressenti le besoin de passer jockey le 15 décembre dernier ?

J’avais cette idée en tête mais je souhaitais faire la Fegentri (circuit de courses internationales réservées aux cavaliers amateurs, NDLR). C’est un ami, Gonzague Cottreau qui a été choisi plutôt que moi pour la faire. Il le méritait tout autant. Jusqu’alors j’attendais pour passer jockey car j’étais susceptible d’y participer mais quand j’ai su que ce n’était pas moi, j’ai pris ma décision. D’autant plus qu’un autre événement a accéléré ma décision.

Lequel ?

Rose De Grugy, une jument entraînée par mon père devait courir dans le grand steeple-chase de Cagnes-sur-Mer. Comme j’étais amateur je n’avais pas le droit de la monter. J’avais pourtant un très bon pourcentage de réussite avec elle, en 17 montes, nous avions été neuf fois deuxième et deux fois premiers. Mais c’était le règlement et comme je n’avais pas de problèmes de poids, que mes études étaient terminées, j’ai passé le cap. J’ai pu la monter et nous avons terminé 4è ! Je n’ai rien à lui reprocher.

Le changement est récent mais cela se passe bien pour vous dans le rang des professionnels ?

Oui, je tiens à garder mon bon ratio de 50% de réussite dans les cinq premiers, je ne veux pas descendre en dessous. Je monte en priorité pour mon père mais je suis ouvert aux autres demandes.

Quel bilan tirez-vous de votre carrière d’amateur ?

Finalement j’ai beaucoup monté contre les jockeys. J’ai obtenu 9 victoires en obstacle et 8 en plat. J’ai débuté en compétition à Moulins, le jour de mes 16 ans, en steeple-chase. J’ai aussi eu l’occasion de monter deux fois en Angleterre pour David Pipe lorsque j’étais en stage. J’ai terminé 1er et 2ème, c’était une belle expérience.

Vous travaillez désormais avec votre père. Comment se passe votre collaboration ?

Mon père n’a jamais fait de différence entre moi et ses autres salariés, il est même plus dur avec moi. D’ailleurs je n’ai jamais voulu être considéré comme le fils du patron et encore moins comme amateur lorsque je montais en gentleman.

Que pensez-vous de la méthode d’entraînement de votre père ?

Je pense que c’est la bonne. Pour preuve, nous sommes parmi les seuls à Senonnes à avoir remporté un groupe. Mais bon, quand le cheval est bon, il n’y a pas grand chose à inventer !

Saint-Pistol devrait être au départ du Grand Steeple-Chase ?

Oui pour l’heure c’est ce qui est prévu. Je serai dans les tribunes et je croiserai les doigts pour lui. Je ne me mets pas la pression même si c’est plus dur de suivre les chevaux des tribunes.

Propos recueillis par Marion Dubois

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *